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Retour sur le 5ème Colloque des Entreprises de Coiffure

UN MESSAGE POSITIF POUR L’AVENIR

Avec près de 250 personnes, belle mobilisation pour le 5ème Colloque des Entreprises de Coiffure. Lundi 8 avril 2013, à l’occasion de la présentation de la toute 1ère étude sectorielle sur la coiffure, l’événement est parvenu à rassembler l’ensemble des acteurs et des partenaires de la profession. À la remarquée exception de ses représentants ministériels…

Le Président du CNEC, Franck Provost, n’a pas fait d’angélisme. Pour lui, la situation de la coiffure est particulièrement inquiétante « car c’est la première fois depuis des décennies que le secteur ressent – et de façon  dramatique – les effets d’une crise qui touche l’économie française. » Des effectifs en baisse, une fréquentation en baisse, un chiffre d’affaires en baisse : il y a en effet de quoi s’inquiéter.

Tous les acteurs de la profession représentés ou presque
Les chefs d’entreprise étaient bien sûr présents, mais aussi les représentants des organismes de formation, les fournisseurs de produits professionnels, les partenaires institutionnels et même les représentants des salariés de la coiffure. Tous les acteurs ou presque car la Ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, Sylvia Pinel, excusée en raison d’un déplacement urgent, ainsi que Fleur Pellerin, Ministre des PME, se sont désistées. Une absence remarquée et déplorée même si Sylvia Pinel a tourné une courte vidéo dans laquelle elle manifeste son soutien à la profession. Elle a bien évidemment rappelé l’importance du crédit d’impôt compétitivité emploi et du contrat de génération ; mesures qui vont dans le bon sens.
 


Une étude saluée
Nicolas Bouzou, économiste et Directeur du Cabinet Astéres, auprès duquel le CNEC a commandité la 1ère étude sectorielle sur la coiffure, en a présenté les constats et les pistes de réflexion qui feront sortir la profession de la crise. Pour Nicolas Bouzou, plus qu’une crise, « c’est une période de mutation économique et sociale comme on en connaît tous les 50 ou 60 ans que nous vivons à l’heure actuelle. » Et parce qu’une profession doit s’avoir s’adapter à son environnement, certaines propositions vont dans le sens de cette mutation, comme la mise en place de tarifs différenciés selon les jours et les horaires. Jean-François Roubaud, Président de la CGPME, a remercié le CNEC pour cette étude, estimant qu’elle était « importante ». Marie-Jo Zimmermann, députée de la Moselle, a quant à elle estimé qu’à travers ce colloque et cette étude, « la profession avait non seulement le potentiel économique mais également le potentiel intellectuel pour faire face à la crise. »

Des intervenants éloquents et ouverts
Que ce soit au cours de la table ronde du matin, du grand débat de l’après-midi ou au travers des différentes interventions qui ont émaillé le colloque, les intervenants se sont tous révélés très éloquents et ouverts. Véronique Deprez-Boudier, Chef du département travail-emploi au Centre d’Analyse Stratégique, a par exemple signalé que si « la coiffure n’a pas davantage souffert de la crise que d’autres secteurs, elle a des capacités de rebond et un potentiel d’emplois plus important ». Potentiel estimé à 40 000 nouveaux actifs pour les années à venir. Xavier Kergall, Directeur Général des Échos Business et Président du salon des Entrepreneurs, a dressé un véritable catalogue d’idées pour sortir de la crise, jugeant que « la seule issue, c’est l’innovation ». Une innovation également prônée par Denis Jacquet, Président de "Parrainer la croissance".
 

"Joël Ruiz, Directeur général d’AGEFOS PME :
« c'est la co-compétence qu’il faudrait valoriser dans les parcours de formation »
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Deux thèmes majeurs
Deux thèmes fondamentaux ont été régulièrement abordés tout au long de la journée : les tarifs de la coiffure et la formation. Les tarifs car l’étude sectorielle a fait la preuve que ceux de la coiffure étaient parmi les plus bas des différents secteurs de service en France. La formation parce qu’elle reste inadaptée au terrain en termes de management et de relation client. Sur les tarifs, il y a unanimité : il faut les augmenter. Mais selon Nicolas Bouzou, « on ne peut pas augmenter le niveau de prix sans augmenter le niveau de service ». Franck Rosenthal, spécialiste de la consommation, a confirmé cette conclusion de l’étude sectorielle : « il faut travailler sur la valeur réelle mais aussi sur la valeur perçue. » Le problème majeur étant que les prix bas entrainent des salaires bas, cercle vicieux explicité dans l’étude sectorielle. Or, d’après une seconde étude commanditée par les Institutions de la Coiffure et présentée dans le cadre du colloque par Jacques Minjollet, leur directeur, « les salariés de la coiffure sont inquiets pour l’avenir. Ils veulent des perspectives d’ascenseur social. »
Une inquiétude naturelle, qui rejoint le thème de la formation, celle-ci pouvant donner des perspectives d’évolution professionnelle. D’après Joël Ruiz, Directeur général d’AGEFOS PME, c’est d’ailleurs « la co-compétence qu’il faudrait valoriser dans les parcours de formation ». Stéphane Lardy, Secrétaire confédéral de Force Ouvrière, lui a objecté que la co-compétence (technique/management/relation client) doit s’acquérir « dans le cadre du travail ». Pour Franck Provost, il faut surtout « donner le choix ».

Un message fort à retenir

Ce 5ème colloque des entreprises de coiffure avait deux objectifs : d’une part établir un état des lieux des difficultés actuelles et de leurs raisons, d’autre part parvenir à des propositions concrètes et partagées afin de permettre au secteur de la coiffure de sortir de la crise et d’exprimer pleinement son potentiel économique et social . Objectifs atteints ! Mais ce n’est qu’une première étape. Pour Franck Provost, « la mobilisation de tous les acteurs de notre profession est essentielle pour faire vivre les résultats de cette journée (…) Nous devrons nous emparer des propositions qui émergeront aujourd’hui afin de construire l’avenir de nos entreprises et de notre métier. » Plusieurs invités de marque ont prouvé que cette mobilisation était réelle. Notamment le Directeur de la BPI (Banque Publique d’Investissement), Nicolas Dufourcq, venu présenter ce nouvel outil au service des entreprises. Mais aussi et surtout un invité surprise, Pierre Martin, président de la Fédération Nationale de la Coiffure, avec laquelle le CNEC a connu des débats difficiles concernant le choix d’un nouvel OPCA en 2012. Invité par le président du CNEC à monter sur scène, Pierre Martin a déclaré, à propos du colloque et de l’étude, qu’il ne pouvait que souscrire à « tout ce qui tire la profession vers le haut. » Des partenaires sociaux rassemblés au service de la profession, voilà sans aucun doute le message fort à retenir de ce colloque. Un message positif pour l’avenir de cette profession que le CNEC a plus que jamais à cœur de défendre en replaçant, comme l’a conclu Franck Provost, « l’humain au cœur de notre démarche. »

 

Retrouvez les différentes études prospectives du Centre d’Analyse Stratégique, évoquées lors du 5e Colloque des entreprises de coiffure, en suivant les liens ci-dessous :