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La coiffure et votre santé

Sommaire

 

 

Les maladies professionnelles dans les métiers de la coiffure ont deux origines principales :

  • Les allergies qu'elles soient cutanées (eczéma...) ou respiratoires (asthme...).
  • Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), poignet, dos et épaule...

 

QUELQUES CHIFFRES

  • L'asthme

Chez les femmes, 30% des cas d'asthme professionnel proviennent du secteur de la coiffure (données Observatoire National des Asthmes Professionnels 2003).

Le persulfate alcalin, utilisé pour les décolorations, est la première cause d'asthme professionnel (23% des causes d'asthme professionnel chez les femmes, données ONAP 2003).

 

  • Les allergies de la peau ou eczemas

Les métiers de la coiffure sont les professions les plus touchées par les maladies professionnelles dues à des allergies cutanées.

En Ile-de-France par exemple, 34% des maladies professionnelles cutanées d'origine allergique proviennent des métiers de la coiffure.

 

  • Les troubles musculo-squelettiques (TMS)

Ces maladies sont en forte augmentation dans les métiers de la coiffure.

Ainsi en Ile-de-France, 49% des maladies professionnelles sont des TMS en 2004 soit environ 2 fois plus qu'en 2000.

 

Répartition des maladies professionnelles reconnues chez les coiffeurs

 

  • Des pathologies bien identifiées

 

1) Répartition des maladies professionnelles reconnues de type allergique

2) Répartition des maladies professionnelles reconnues de type TMS


 

Le mal de dos : une pathologie majeure

Comptabilisées en accidents du travail (et non en tant que maladies professionnelles), les douleurs dorsales et lombaires ne sont pourtant pas à négliger : une enquête auprès des coiffeurs de la région Côte d’Or montre qu’elles représentent la majorité des douleurs ressenties (lombalgies 47% - cervicalgies et dorsalgies : 37%).

 

  • Des parcours professionnels stoppés

A titre d'exemple, près de 4% des chefs d'entreprises en 2002 ont suspendu ou cessé leur activité pour cause d'invalidité liée aux allergies professionnelles (source : caisse de retraite des chefs
d'entreprises de la coiffure).

 

  • Un coût humain et économique non négligeable

- Si le coût humain est important (souffrance, risques d'inaptitude professionnelle, handicap, atteinte à l'image de soi …), le coût économique est aussi élevé pour l'entreprise.
- Pour un TMS de l'épaule, le coût moyen* est de 36 000 euros, le nombre moyen de jours d'arrêt est de 169 jours.
- Le coût moyen* d'un asthme professionnel est de 28 000 euros (source : données CNAMTS).
* tous secteurs confondus

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Mal de dos, syndrome du canal carpien, douleurs de l'épaule,…

Les Troubles Musculo-Squelettiques sont en forte augmentation chez les professionnels de la coiffure.

Ils représentent aujourd'hui la moitié des maladies professionnelles reconnues chez les coiffeurs. Prévenir ces maladies trop souvent invalidantes, c'est faire attention aux gestes et postures mais aussi et surtout à l'environnement et l'organisation de travail : matériels, cadence, stress, apprentissage du métier…

 

  • Les TMS, Qu'est-ce que c'est ?

Les TMS affectent principalement les muscles, les tendons et les nerfs au niveau du poignet, des doigts, des épaules, du dos ou du coude. Ces affections se manifestent par des douleurs et une gêne dans les mouvements pouvant entraîner un handicap sérieux dans la vie professionnelle comme dans la vie privée.

Les causes sont multiples : des gestes répétés sous forte contrainte de temps, une récupération insuffisante, un matériel inadapté ou mal utilisé, le stress d'une trop forte charge de travail…

Réflexes prévention :
- Repérer les premiers signes : douleurs passagères, engourdissement, picotements…
- Agir dès leur apparition : contacter votre médecin pour soigner l'affection, faire le lien avec votre métier (outil, équipement, crispation, stress…).  

 

  • Des gestes et des postures en question

Dos cambré, tête penchée, coude levé, bras tendu, poignet tordu : au shampoing, à la coupe ou au brushing, le corps des coiffeurs est sollicité tout au long de la journée de travail.

Pourtant, la variété et l'alternance des gestes font qu'il est difficile de parler de répétitivité comme de bonnes ou de mauvaises postures.

Les risques de TMS sont plutôt à rechercher dans le matériel, l'environnement et le rythme de travail ou la mauvaise maîtrise du métier : en renforçant la sollicitation de l'organisme, ces facteurs rendent les gestes professionnels quotidiens sources de TMS.

 

  • L'influence des outils et des équipements

Siège client sans réglage en hauteur, tabouret de coupe usagé, sèche-cheveux trop lourd, ciseaux émoussés, bac de lavage trop bas : autant d'outils de travail inadaptés qui accroissent, jour après jour, les risques de TMS pour les coiffeurs.

Réflexes prévention :
- Bien choisir et tester les équipements avant achat : privilégier les équipements réglables, vérifier la facilité d'usage en situation par les coiffeurs, répondre aux différentes exigences efficacité / qualité / préservation de la santé.
- Associer la clientèle à la pratique du métier : réglage de la hauteur du fauteuil, position debout pour certaines phases de coupe, déplacement dans une zone plus adaptée du salon (équipements spécifiques, éclairage...).
- L'exemple du sèche-cheveux : concilier poids / puissance / efficacité de séchage, des boutons de commande facilement accessibles, un embout orientable.

 

  • L'organisation du salon

Dans un salon les causes de postures inconfortables sont nombreuses.
L'environnement de travail tout d'abord : un éclairage insuffisant, une ambiance sonore trop forte ou un manque d'espace imposent, par exemple, au coiffeur des postures penchées pour se rapprocher de son client et réduisent la diversité de ses gestes comme de ses possibilités de mouvements.

Mais ce sont surtout les charges de travail élevées qui vont renforcer la sollicitation des muscles et des articulations : accélération des gestes, crispation des postures, augmentation du stress et diminution des temps de récupération comme du temps de réglages des équipements.

Réflexes prévention :
- Offrir des espaces de travail qui prennent en compte les contraintes de mouvements et de déplacements, être vigilant sur les niveaux sonores (musique d’ambiance, revêtement acoustique...) et favoriser un éclairage adapté.
- Etablir des règles de gestion concernant la charge de travail : clients sans rendez-vous, polyvalences et rotation des postes, renforcement des équipes, pauses incompressibles…

 

  • Maîtriser le métier, de la crispation à l'assurance

L'observation des pratiques professionnelles des coiffeurs a démontré que la maîtrise du métier comme la confiance en soi étaient une bonne protection contre l'apparition de TMS.

On pourrait résumer ce constat en une formule : diversité et assurance
des gestes = relâchement dans les postures = réduction des risques de TMS.

Obtenir la satisfaction de la clientèle et être satisfait soi-même du travail réalisé est également une garantie pour éviter les tensions.

Réflexes prévention :
- Respecter les temps d'apprentissage et d'assimilation du métier.
- Adapter les objectifs de rapidité en fonction des niveaux d'expériences.
- Favoriser les échanges au sein du salon sur les différents gestes et façons de faire.
- Penser à économiser son corps pratiquement à chaque mouvement et sur le long terme.
- Développer les formations continues, moments propices à la réflexion sur l’exercice du métier.

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La pratique répétitive du shampooing peut entraîner des réactions cutanées.

 

  • Causes :

- Certaines substances entrant dans la composition du shampooing sont irritantes ou allergisantes.
- Le contact avec l’eau et le shampooing détruit le film protecteur de la peau.
- Les variations de température de l’eau accentuent ce processus.
- Pour les opérateurs qui font de nombreux shampooings, ces risques augmentent.
- Une enquête récente montre que 58% des apprentis effectuent plus de 10 shampooings par jour et 14% plus de 20 (réf. : Etude Pr. J.C.Pairon).
- Les mains sont souvent nettoyées avec le shampooing et essuyées avec une serviette humide.
- Le port des bijoux empêche le nettoyage et l’essuyage corrects des mains et certains métaux présents dans ces bijoux (nickel, chrome…) peuvent favoriser des allergies...

 

  • Conséquences

- Irritations cutanées : rougeurs, desquamations, fissures, crevasses.
- Allergies cutanées : rougeurs, démangeaisons, eczémas.

Un opérateur sur deux est atteint d’irritation de la peau en début de carrière

 

  • Prévention

- Varier les tâches de chaque opérateur afin de diminuer la fréquence des shampooings.
- Se laver les mains avec des savons neutres ou surgras.
- S’essuyer les mains avec une serviette sèche en les tamponnant sans les frotter.
- Eviter le port des bijoux.
- Appliquer des crèmes protectrices sur les mains en début de poste.
- Appliquer des crèmes régénératrices à chaque fin de poste.
- En cas de mains sensibles ou abîmées, porter des gants de protection pendant le shampooing.
- En hiver pour se protéger du froid qui aggrave l’irritation cutanée, porter des gants à l’extérieur.

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La pratique de la décoloration peut entraîner des irritations et des allergies cutanées et respiratoires.

 

  • Causes

- Les persulfates (poudres décolorantes) sont allergisants pour la peau et les voies respiratoires.
- Les poudres sont très volatiles. Elles restent longtemps en suspension dans l’air avant de se déposer sur les surfaces de travail.
- Peu de salons sont aujourd’hui équipés d’un système d’aspiration localisée.
- L’eau oxygénée et l’ammoniaque sont irritantes pour la peau.
- Les gants sont très souvent portés pendant l’application de la décoloration, beaucoup moins lors de son rinçage et très peu lors du nettoyage du matériel.

 

  • Conséquences

- Irritations cutanées : rougeurs, desquamations, fissures, crevasses.
- Allergies cutanées : rougeurs, démangeaisons, eczémas, urticaires.
- Irritations respiratoires : picotements du nez et de la gorge.
- Allergies respiratoires : rhinite, toux, gêne respiratoire, respiration sifflante, asthme.

Les poudres décolorantes sont une des causes les plus fréquentes d’asthmes professionnels.
Un asthme professionnel risque d’entraîner un changement d’activité.

 

  • Prévention

- Utiliser les produits les moins volatils (poudre compacte, pâte, granulés, huile).
- Préparer la décoloration sous un système d’aspiration localisée.
- Veiller à une bonne aération générale du salon.
- Eloigner au maximum des voies respiratoires le bol contenant la préparation.
- Nettoyer les surfaces de travail à l’humide.
- Porter des gants lors de la préparation, de l’application, du rinçage de la décoloration et du nettoyage du matériel.
- Eviter le port des bijoux : ceux-ci empêchent le nettoyage et l’essuyage corrects des mains et peuvent contenir certains métaux (nickel, chrome…) pouvant favoriser les allergies.

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La pratique de la coloration peut entraîner des eczémas et des irritations oculaires et respiratoires.
 

  • Causes

- Les produits de coloration contiennent des substances susceptibles d’être irritantes ou allergisantes.
- Des études montrent que 30% des eczémas professionnels chez les coiffeurs peuvent être dûs aux colorants.
- Les colorants d’oxydation sont les plus souvent en cause.
- Lors de l’application de la couleur, le port des gants n’est pas systématique, il est souvent inexistant lors du rinçage de la couleur et du nettoyage du matériel.
- Lors de la préparation et de l’application de la couleur, des vapeurs irritantes telles que l’ammoniac peuvent se dégager.
- Peu de salons sont aujourd’hui équipés d’un système d’aspiration localisée.

 

  • Conséquences

- Allergies cutanées : rougeurs, démangeaisons, eczémas.
- Irritations oculaires : picotements des yeux.
- Irritations respiratoires : picotements du nez et de la gorge.

Une fois l’allergie déclarée, tout nouveau contact même minime avec la substance allergisante provoque une rechute.

 

  • Prévention

- Préparer la coloration sous un système d’aspiration localisée.
- Veiller à une bonne aération générale du salon.
- Porter des gants systématiquement lors de la préparation, de l’application, du rinçage de la couleur et du nettoyage du matériel.
- Eviter le port des bijoux : ceux-ci empêchent le nettoyage et l’essuyage corrects des mains et peuvent contenir certains métaux (nickel, chrome…) pouvant favoriser les allergies.

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La pratique de la permanente peut entraîner des eczémas et des irritations cutanées et respiratoires.
 

  • Causes

- Les produits de permanente contiennent des substances susceptibles d’être irritantes ou allergisantes.
- Une fois sur deux, les opérateurs ne portent pas de gants lors de l’application du produit de permanente.
- Lors de la fixation du produit, les gants ne sont pratiquement jamais utilisés.

 

  • Conséquences

- Allergies cutanées : rougeurs, démangeaisons, eczémas.
- Irritations cutanées : rougeurs, desquamations, fissures, crevasses.
- Irritations oculaires : picotement des yeux.
- Irritations respiratoires : picotements du nez et de la gorge.

Le contact direct avec les produits de permanente agresse la peau et la prédispose à diverses irritations et allergies.

 

  • Prévention

- Veiller à une bonne aération générale du salon.
- Favoriser les techniques limitant le contact cutané avec les produits de permanente.
- Porter des gants systématiquement lors de l’application, de la fixation de la permanente et lors du nettoyage du matériel.
- Eviter le port des bijoux : ceux-ci empêchent le nettoyage et l’essuyage corrects des mains et peuvent contenir certains métaux (nickel, chrome…) pouvant favoriser les allergies.
- Isoler le linge utilisé au cours de la permanente.

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Choisir le bon gant :
Le meilleur équilibre entre une prévention efficace et un confort professionnel.

 

  • Les gants jetables

Ces gants sont destinés aux opérations techniques, avec contact occasionnel avec des produits chimiques. Très fins et courts, ils ne sont pas adaptés au travail en « grandes eaux » (shampooing et nettoyage). Ils ne doivent pas être réutilisés.


Quelle matière choisir ?

Les gants en nitrile :
- Recommandés en cas d’allergie aux protéines du latex naturel.
- Bon gantage.
- Bonne résistance mécanique et étanchéité aux liquides.

Les gants en latex non poudrés, finition chlorinée, hypoallergéniques :
- Peu allergisants notamment grâce au traitement par chlorination.
- Bon gantage.
- Facilité d’enfilage grâce au glissant intérieur.
- Bonne glissance extérieure permettant de ne pas accrocher le cheveu.
- Bonne résistance mécanique et étanchéité aux liquides.


Remarques :

Les gants en latex poudrés sans finition chloriné : déconseillés car à l’origine de risques allergiques cutanés et respiratoires.
Les gants en polyéthylène ou en vinyle : moins résistants et assurant un gantage moins efficace, ils ne répondent pas aux qualités de sécurité et de confort recherchées.

 

  • Les gants réutilisables

Ces gants permettent un contact prolongé avec l’eau (shampooing et nettoyage). Plus épais, ils offrent une moindre dextérité. Les gants sont personnels et ne doivent pas être prêtés.

Quelle matière choisir ?

Les gants en latex naturel chloriné ou en nitrile :
Pour les utilisations « grandes eaux », choisir des gants à longue manchette (30cm minimum de longueur) qui protègent mieux et permettent de faire un revers. Le revêtement en coton à l’intérieur de certains gants permet d’absorber la transpiration et de faciliter l’enfilage.

Les bons gestes :

Pour utiliser des gants étanches
- Choisir des gants adaptés à la taille de la main.
- Avoir des mains propres et sèches avant d’enfiler les gants.
- Changer de gants dès qu’ils sont dégradés ou percés.
- Retourner la manchette des gants pour éviter que l’eau ne coule à l’intérieur.
- Rincer les gants réutilisables à l’eau avant de les retirer.
- Laisser sécher l’intérieur des gants réutilisables avant toute nouvelle utilisation.

Pour préserver les mains
- Proscrire les shampooings pour se laver les mains.
- Utiliser des savons surgras.
- Sécher les mains après lavage avec des linges propres et secs sans frotter
- Appliquer des crèmes réhydratantes régulièrement et en fin de poste.
- Eviter les grandes variations de température de l’eau.
- En hiver, porter des gants à l’extérieur.
- Renoncer au port des bijoux pendant le travail. Ceux-ci empêchent le nettoyage et l’essuyage corrects des mains et peuvent contenir certains métaux (nickel, chrome…) pouvant favoriser les allergies.
- Se protéger les mains lors des tâches ménagères au salon comme au domicile.
- Choisir des outils (ciseaux, tondeuses, pinces…) qui ne sont pas susceptibles de libérer du nickel (manches recouverts de plastique…).

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Les particules et les vapeurs à l’origine des maladies respiratoires sont invisibles et peuvent rester en suspension dans l’air pendant des heures.

  • La ventilation localisée :

Extraction à la source des polluants par aspiration.

- Elle permet le captage des polluants dès leur émission, avant leur dispersion dans le local.
- Un système d’extraction localisée est recommandé lors des différentes préparations (décoloration…) que l’opérateur est amené à réaliser.
- Près de 10% des locaux techniques des salons de coiffure sont déjà équipés d’un système de ventilation localisée (réf. : Etude P.J.C.Pairon).

L’utilisation de systèmes d’extraction permet de lutter contre ces pollutions et par conséquent d’éviter les affections respiratoires.

  • La ventilation générale :

Renouvellement de l’air ambiant.

- Elle permet de diluer puis d’extraire les polluants qui n’ont pas pu être captés par la ventilation localisée, en particulier les produits fixateurs, les laques et les sprays, qui sont utilisés fréquemment au cours d’une journée.

- Près de 40% des salons disposent d’une ventilation générale (réf. : Etude Pr.J.C.Pairon).
 

  • Les techniques de nettoyage

- L’utilisation d’aspirateur adapté ou à défaut le nettoyage à l’humide permet de réduire la dispersion des poussières.
- En effet, l’utilisation du balai pour nettoyer les sols et du sèche-cheveux pour le nettoyage des plans de travail remet en suspension dans l’air les particules qui s’étaient déposées : ces pratiques sont à proscrire.

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